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Un IME peut-il exclure un enfant ?

Ce que dit réélement la loi (et ce que les familles doivent savoir)

Dans les échanges avec les familles cette question revient très souvent : « L’IME peut-il décider seul d’arrêter d’accueillir mon enfant? »

La réponse est non.

Un Institut Médico-Educatif n’a aucun pouvoir légal d’exclusion unilatérale.

Le cadre juridique français protège explicitement la continuité de l’accompagnement des enfants en situation de handicap.

1- L’orientation en IME est une décision administrative, pas celle de l’établissement

L’admission d’un enfant en IME ne dépend pas de l’établissement lui-même, mais d’une décision prise par :

  • La Maison Départemental des Personnes Handicapées (MDPH)
  • via la Comission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH)

Article L.241-6 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000050505394

La CDAPH se prononce sur l’orientation de la personne handicapée et désigne les établissements ou services correspondants.

Cela signifie juridiquement :

  • l’enfant est orienté par l’Etat,
  • l’IME exécute une notification,
  • il ne peut ni la modifier, ni y mettre fin seul.

2- Le médico-social n’est pas l’éducation nationale : « l’exclusion » n’existe pas juridiquement

Contrairement à une école, un IME relève du secteur médico-social.

Il est soumis à une obligation de continuité et d’adaptation de la prise en charge.

Article L.311-3 CASF – Droits des usagers https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049391603

Sont garantis à toute personne prise en charge :

  • le respect de sa dignité et de son intégrité,
  • une prise en charge adaptée,
  • la continuité de l’accompagnement.

Une interruption brutale d’accueil constitue une rupture de prise en charge, pouvant être qualifiée de faute.

3- L’IME a une obligation d’adaptation, pas de sélection des enfants

Les établissements assurent l’accueil, l’accompagnement et le développement des capacités des personnes handicapées.

Cela implique :

  • ajuster les moyens éducatifs,
  • adapter l’environnement,
  • réévaluer le projet personnalisé,
  • rechercher des solutions…. mais jamais mettre fin seuls à l’accueil.

4- Ce que l’IME peut faire légalement ( et uniquement cela)

Etape 1 : Réévaluation du Projet Individualisé d’Accompagnement (PIA)

Avec la famille obligatoirement associé.

Article D312-10-3 CASF https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000020489067

« La personne ou son représentant légal participe à l’élaboration du projet d’accueil et d’accompagnement. »

Etape 2 : Saisine de la MDPH pour réorientation

L’établissement peut demander une révision d’orientation…. mais ne décide pas.

Pendant toute l’instruction, l’enfant doit continuer à être accueilli.

Etape 3 : Attente d’une nouvelle notification CDAPH

Seule la CDAPH peut :

  • modifier l’orientation,
  • décider d’un changement d’établissement,
  • ajuster les modalités d’accompagnement.

Sans cette décision, l’enfant reste juridiquement inscrit dans l’IME.

5- Les pratiques interdites ( et pourtant fréquentes)

Sont considérées comme illégale :

  • demander aux parents de « garder l’enfant à la maison »,
  • réduire les temps d’accueil sans notification MDPH,
  • invoquer un « manque de moyens » pour arrêter la prise en charge,
  • faire pression pour un départ volontaire,
  • conditionner l’accueil au comportement,
  • prononcer une « exclusion ».

Cela peut être qualifié de rupture abusive d’accompagnement.

6- La continuité de parcours est une obligation nationale

Article L.114-1-1 CASF https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041721238

La personne handicapée a droit à la solidarité de l’ensemble de la collectivité nationale. Ce droit inclut :

  • la continuité du parcours,
  • l’absence de « vide de solution »,
  • la responsabilité des institutions.

7- Qui contrôle les IME ?

Les IME ne sont pas autonomes : ils sont autorisés et contrôlés par l’Etat.

Autorité de contrôle :

  • Agence Régionale de Santé (ARS)

L’ARS peut être saisie en cas de :

  • Rupture d’accompagnement,
  • non-respect des droits,
  • pratiques institutionnelles inadaptées.

Les familles peuvent saisir le défenseur des droits pour atteinte aux droits fondamentaux.

8- Ce que les familles doivent retenir

  • L’IME n’a aucun pouvoir d’exclusion.
  • Seule la CDAPH peut modifier l’orientation.
  • L’accueil doit être maintenu tant qu’aucune nouvelle décision n’est prise.
  • L’établissement a une obligation d’adaptation, pas de sélection.
  • Une rupture d’accompagnementpeut être contestée juridiquement.

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